lundi, 21 juin 2021|

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À la mémoire de Brahim Bouarram, Ibrahim Ali et Clément Méric, tués par l’extrême droite.


Que faire face à la lente montée du racisme et à l’enracinement de l’extrême droite ? Le fascisme est re-devenu possible en France, affirme le sociologue Ugo Palheta. Face à une crise protéiforme de l’État, il faut nommer le mal si l’on veut le combattre.

La possibilité du fascisme
Présentation

Scores inégalés du Front national à toutes les élections depuis 2012 ; radicalisation identitaire de la droite ; mouvement réactionnaire de masse contre l’égalité des droits et les programmes éducatifs promouvant l’égalité de genre ; migrants systématiquement traqués et matraqués par la police (sur les ordres des gouvernements successifs), quand ils ne sont pas enlevés, tabassés et laissés pour morts par des milices à Calais ; multiplication des attaques physiques par des groupuscules d’extrême droite ; harcèlement public de personnalités musulmanes et de militants antiracistes ; intensification du quadrillage répressif des quartiers populaires et impunité des violences policières ; manifestations interdites et criminalisation croissante de toute contestation.

Sous des formes disparates et encore embryonnaires, mais dont la seule énumération dit la sclérose de la politique à l’âge néolibéral, c’est le fascisme qui fait retour et s’annonce, non comme une hypothèse abstraite mais comme une possibilité concrète. Pourtant, la possibilité du fascisme est généralement balayée d’un revers de main par les commentateurs : comment la République française, patrie autoproclamée des droits de l’homme, pourrait-elle engendrer le monstre fasciste ? La France ne s’est-elle pas montrée « allergique » au fascisme tout au long du XXe siècle, comme le prétendent certains historiens français ? Le Front national n’a-t-il pas renoncé au projet ultra-nationaliste, raciste et autoritaire qui le caractérisait depuis sa création ? N’est-il pas en crise suite à sa défaite au second tour de l’élection présidentielle ? N’assiste-t-on pas au renouveau du capitalisme français sous les auspices d’un jeune président réalisant enfin les « réformes » prétendument nécessaires ?

C’est à démonter ces fausses évidences que s’attache ce livre, scrutant ainsi la trajectoire d’un désastre possible, enraciné dans la triple offensive – néolibérale, autoritaire et raciste – dont Emmanuel Macron est la parfaite incarnation, mais résistible, pour peu que le danger soit reconnu à temps. Ceci n’est donc pas (seulement) un livre sur l’extrême droite. S’il faut prendre au sérieux cette dernière, il importe tout autant de replacer sa résurrection et son renforcement dans le processus historique de radicalisation de la classe dirigeante française dans son ensemble. Produit et productrice d’une interminable crise politique, cette radicalisation a favorisé l’ascension d’un fascisme d’un genre nouveau, qui s’incarne actuellement sous les traits du Front national sans pour autant s’y réduire. Ainsi plaiderons-nous en conclusion de cet ouvrage pour l’affirmation d’un antifascisme menant de front le combat contre ce néofascisme en gestation, et contre la triple offensive qui en favorise l’ascension.

Pour lire un extrait :
https://fr.calameo.com/read/0002150227d9fe1140e89

 
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Si nous avons créé ce blog, c’est pour participer à démontrer que, contrairement à ce qu’on nous serine du matin au soir, il existe une alternative à la jungle libérale qui, par usurpation du langage, nous est présentée comme étant la modernité. Ce blog est une auberge espagnole où quiconque, simple citoyen, militant politique, syndical ou associatif peut (...)
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