samedi, 15 juin 2019|

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La France insoumise dans la tourmente ?


Compte-rendu de la réunion du groupe d’action
du Grand-Bas-Armagnac Insoumis
Réunion du mardi 11 juin 2019.
16 présentes/présents - 5 excusées/excusés

https://lafranceinsoumise.fr/2019/05/24/meeting-lille-europeennes/

Après avoir rappelé le score de la LFI aux européennes (note de Maurice en annexe 3) et le départ de plusieurs personnalités du mouvement, Christian nous propose de discuter ensemble des remarques, critiques et propositions que nous pouvons faire remonter au national LFI afin de s’inscrire de manière collective dans le débat préparatoire à l’assemblée représentative qui aura lieu les 22 et 23 juin prochain.
L’ordre du jour de cette assemblée est le suivant :
- Bilan d’étape et perspectives pour le mouvement.
- Texte stratégique pour le mouvement
- Texte programmatique pour le mouvement.


https://lafranceinsoumise.fr/evenements/assemblee-representative-lfi-2019/

La quasi totalité des participants à la réunion de notre GA a signifié être en accord avec l’analyse de Maurice et dénonce la méthode médiatique éhontée consistant à comparer des résultats d’une élection présidentielle à ceux d’une élection européenne .Cela relève bien sûr de la campagne de dénigrement acharnée que nous livre le pouvoir et ses chiens de garde et qui emploient les moyens considérables dont ils disposent pour faire apparaître nos résultats comme une déroute.
A cet égard nombre d’entre nous déplore l’attitude mortifère de Clémentine Autain qui parcoure les médias, dés le soir de l’élection, en appelant au big bang de la « gauche » sans dire si la matrice de cette « gauche » demeure le programme « l’avenir en commun » ou si elle entend renouer avec les compromis boiteux ayant engendré l’effondrement idéologique que l’on sait.
La discussion d’hier a tourné autour du « bilan d’étape et perspectives pour le mouvement ». Certains se sont exprimés sur la stratégie et les méthodes qui ont été utilisées pour faire passer notre message lors de ces élections européennes et qu’au vu des résultats, certains d’entre nous ont trouvées ou maladroites ou inefficaces ou insuffisantes.
Sur l’analyse politique, force est de constater que faire apparaître cette élection comme un référendum anti Macron, fut une erreur et que nous aurions du rester concentrés sur les fondamentaux du programme.
A ce sujet certains jugent indispensable que l’assemblée et la convention réitère son attachement au dit programme en levant toutes les ambiguïtés apparues lors de la campagne et, par exemple dire clairement si la stratégie PlanA-PlanB demeure valable car cela ne semble plus évident à tout le monde. Nous ne pourrons pas sereinement nous lancer dans les campagnes à venir, si un doute persiste.
Certains d’entre nous ont pensé qu’il aurait fallu resserrer le discours sur les fondamentaux du mouvement, c’est-à-dire, la révolution citoyenne, la constituante, la 6ème république, la sortie des traités européens…. Également s’appuyer d’avantage sur les groupes d’actions.


https://www.facebook.com/JLMelenchon/videos/meeting-rouenfi-avec-jl-m%C3%A9lenchon-m-aubry-et-f-ruffin/2400565410174452/

Voici les propositions relevées  :
- Répondre aux critiques, inquiétudes et propositions des militants lors de l’assemblée.
- Maintenir les spécificités de la LFI, confirmer auprès des membres que la LFI s’appuie toujours sur notre projet émancipateur qu’est « l’avenir en commun » et ne pas céder à la tentation d’un rassemblement de la gauche qui nous demanderait de faire des compromis sur nos fondamentaux. Certains pensent qu’il faut plus se focaliser à rassembler le peuple, à fédérer le peuple.
- Consulter, solliciter régulièrement les groupes d’actions.
- Permettre aux groupes d’action de participer aux décisions.
- Actualiser notre projet l’AEC
- Actualiser les livrets thématiques
- Examiner, étudier le non vote des jeunes, notre rapport avec eux. Faire des propositions
- Améliorer la « propagande » pour que le message soit entendu et compris par les citoyens, et cela d’autant plus que les municipales approchent. Lors des européennes, nous avons perdu la bataille de la propagande. (Voir la remarque de Jean-Pierre en annexe 1).
- Etre plus clair sur écologie/économie. Plusieurs membres de notre GA pensent que l’écologie n’est pas compatible avec l’économie de marché, le marché libre et non faussé.

Concernant la privatisation de l’aéroport de Paris et Le RIP sur ce sujet voici un résumé :

« Le dispositif de recueil des signatures pour le référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation du groupe ADP (Aéroports de Paris) doit être présenté le 13 juin par le ministère de l’intérieur. Ce dispositif sera ouvert pendant 9 mois. Les promoteurs du référendum doivent recueillir le soutien de 10 % des électeurs inscrits sur les listes électorales, soit 4 717 396 Français, a précisé le Conseil constitutionnel dans sa décision du 9 mai, validant la proposition de loi référendaire déposée le 10 avril par 248 parlementaires de tous bords politiques. Si le nombre de signataires est atteint, le Parlement devra, dans un délai de 6 mois, se prononcer sur cette proposition de loi. Si l’Assemblée nationale et le Sénat mettent tous deux ce texte à leur ordre du jour, le référendum n’aura pas lieu. Mais si une seule des deux chambres se prononce, ou aucune d’entre elles, alors le président de la République sera tenu de l’organiser. La privatisation d’ADP, dont le capital est détenu à 50,6 % par L’État, a été adoptée par le Parlement le 11 avril lors du vote de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), promulguée le 22 mai. » (réf. Le Monde 12/06/19)
Nous agissons pour défendre l’intérêt général, pour conserver la maîtrise publique des frontières… La vente d’un secteur d’utilité publique à l’oligarchie n’est jamais une bonne idée, les exemples abondent. (Qu’est-ce que l’oligarchie en annexe 2).
- Concernant le RIP certains d’entre nous souhaitent que le référendum soit surveillé. L’idée qu’un double comptage par des organismes indépendants soit fait pour s’assurer de la validité des résultats. https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1
- Créer des slogans choc : ’pour la défense du service public’, ’pour la défense des biens publics’, ’contre la privatisation de nos aéroports’.

https://lafranceinsoumise.fr/actualites/referendum-contre-la-privatisation-aeroports-de-paris/

STOP A LA PRIVATISATION !
CE N’EST PAS LE PRIVE QUI VA DÉCIDER POUR LES CITOYENS !

Parmi les autres sujets abordés, une discussion s’est engagée à propos des GA sur le département du Gers. Il a été convenu que notre GA soit à l’initiative d’une invitation en direction des GA du Gers et des membres insoumis pour que nous nous réunissions début septembre afin de faire un examen politique de la situation, de la FI, des GA et des perspectives politiques FI dans le département et dans les communes rurales. Une invitation en direction des GA du Gers va leur être adressée.

Compte-rendu de la réunion du 11 juin finalisé le 12 juin 2019 -------------------------------------------------------------------------------------------------

Annexe 1  : La “fabrique du consentement” et la démocratie

Dans Public Opinion (1922), Lippmann* étudie la manipulation de l’opinion publique. Selon lui, pour « mener à bien une propagande, il doit y avoir une barrière entre le public et les évènements. Il décrit alors l’avenir qu’il entrevoit. Il conclut que la démocratie a vu la naissance d’une nouvelle forme de propagande, basée sur les recherches en psychologie associées aux moyens de communications modernes. Cette propagande implique une nouvelle pratique de la démocratie. Il utilise alors l’expression « manufacture of consent » qui signifie littéralement la « fabrique du
consentement :
"Le peuple est un troupeau égaré, bien trop émotif, incapable de s’occuper de ses propres affaires, et qui doit-être encadré, contrôlé et conduit par une avant garde, une élite de décideurs éclairés. Les gens doivent être détournés vers des buts inoffensifs. Il faut les noyer sous une masse d’informations qui ne leur laisse pas le temps de réfléchir. Il faut les persuader qu’ils sont incapables de provoquer des changements, il faut les convaincre que la révolte entraîne toujours le pire. Il faut les faire voter de temps à autre, leur donner l’illusion de décider, l’illusion nécessaire."
*Walter Lippmann né à New York le 23 septembre 1889, mort le 14 décembre 1974, penseur et commentateur politique américain.

Annexe 2  : L’oligarchie


L’oligarchie est un système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d’individus ou de familles, à une classe sociale restreinte et privilégiée, une caste. C’est un régime politique et l’histoire de la Ve République restera celle d’une accumulation progressive de puissance d’une seule autorité au prix de la dévitalisation des moindres contre-pouvoirs. Même celui que les journalistes avaient construit à une époque est aujourd’hui en train de produire par connivence ou servitude volontaire une nouvelle oligarchie. Les puissances d’argent ont acquis une influence démesurée, les médias sont contrôlés par les intérêts capitalistes, les lobbies décident des lois en coulisses, les libertés sont jour après jour entravées. Si nous voulons répondre aux défis du 21e siècle, il est impératif de mettre fin à l’oligarchie, régime actuel qui maintient et accentue les privilèges des riches au mépris des urgences sociales et écologiques.

Annexe 3 : Analyse des résultats Objet : Effondrement de la FI ? Non à l’intox !


https://melenchon.fr/2019/06/07/video-premiere-reunion-de-lintergroupe-des-parlementaires-insoumis/?fbclid=IwAR3CYOzziu2aC_4dRjvPiVnZ7OCfciCTLJTVcRJQO1dIRgu2Do7zDAJZHsc


https://melenchon.fr/2019/05/26/video-cest-lheure-des-combats-et-des-caracteres/

Le résultat des européennes est-il un échec pour la FI ?
Si on espérait renouveler le score des législatives, pire, celui des présidentielles, oui bien sûr.
Mais ne faudrait-il pas commencer par comparer ce qui est comparable, c’est-à-dire les européennes de 2014 ?
Or la comparaison est intéressante. En 2014, la FI n’existait pas, c’était alors le Front de Gauche qui incluait le PCF. Il faut donc comparer les scores de la FI et du PCF en 2019 avec celui du Front de Gauche en 2014.
Or les chiffres sont là :
2014 : FdG : 1200713 voix, 6,33 %
2019 : LFI : 1428386 voix, 6,31 %
PCF : 564717 voix, 2,49 %
Donc, entre les deux élections, gain de la FI de presque 800000 voix et, en pourcentage (à prendre avec modération) de plus de 2,47%. Je n’appelle pas ça un échec.
Poussons plus loin l’analyse. Regardons la participation : plus importante en 2019, presque 8% de plus
mais il y a presque 800000 inscrits de plus en 2019. Comparons avec les suffrages exprimés puisque les pourcentages de voix sont donnés en fonction des exprimés. Exprimés :
2019 : 22654224
2014 : 18955761
donc, environ 3600000 suffrages de plus. Comparons les gains de voix :
FN : +569000 (arrondi au millier près)
verts : +1356000 (même arrondi)
LFI : +792000 (selon calcul ci-dessus)
On ne peut rien déduire pour LREM qui récupère des voix d’un peu partout (droite, centre et PS de 2014).
Si les voix nouvelles étaient proportionnelles au résultat final, nous n’aurions gagné que 227000 voix soit 3 fois moins que le calcul ci-dessus. Pas de quoi désespérer.
Pas de quoi pavoiser non plus puisque nous avions mis la barre très hauts. Mais le résultat n’est pas négligeable. Plusieurs leçons sont à tirer de cette analyse :
1) il y a eu une poussé des verts qui s’explique, à mon avis, par la sensibilisation à la catastrophe qui se profile. EELV en a beaucoup profité, nous aussi un peu mais autant qu’il l’aurait fallu. Ça n’est pas surprenant. EELV a dit, on peut conjurer la catastrophe dans l’économie de marché.
Nous avons dit non, ce n’est pas possible, il faut aussi changer l’économie. Que les gens choisissent le plus facile quand ils commencent à prendre conscience du problème, ça n’est pas surprenant. Les jeunes surtout ont réagi, semble-t-il, c’est vers eux que nous devons argumenter, et ce n’est pas gagné. Je pense que dans la campagne, nous n’avons pas suffisamment rappeler ce que Hulot lui-même avait dit en démissionnant : ce qu’il faut faire pour assurer la transition écologique est incompatible avec l’économie de marché.
2) ce qui suit n’engage que moi.
Nous savons bien que, dans la bataille que nous menons, le poids des médias est considérable. JLM avait signalé que les sondages étaient bizarres. Revenons là-dessus. L’étaient-ils vraiment ? Oui et non. Il est certain que pour avoir des résultats précis sur la photographie du moment que représentent les sondages il faut deux conditions : que le tirage soit véritablement aléatoire, que la taille de l’échantillon ne soit pas trop petite. Les sondeurs sont incapables d’assurer le caractère aléatoire, ils le bricolent en fabriquant ce qu’ils appellent un échantillon représentatif. Comment ? Mystère. C’est comme l’échantillon : la précision de l’estimation est en 1/rac(N) où rac(N) est la racine carrée de N, l’effectif. Pour un effectif de 1000 la précision est de 3%, si on veut une précision de 1% il faut un échantillon de 10000 personnes (inaccessible, ça coûte trop cher). Revenons aux sondeurs. On sait que 90% des médias appartiennent à 9 milliardaires. Or ces derniers possèdent tous les instituts de sondage. Sont-ils indépendants ces instituts de leurs propriétaires ? Je pense qu’ils sont encore plus dépendants que les médias.
Manipulation y aurait-il eu ? Mais oui. D’un côté on nous dit trois jours avant le scrutin que 40% de ceux qui veulent voter ne savent pas pour quelle liste et le soir des élections, le "spécialiste" d’IPSOS dit qu’ils avaient vu la montée de la participation et qu’ils avaient vu que les verts passaient devant la FI. Ce n’est pas complètement contradictoire mais ça n’est pas très cohérent non plus, d’autant que le soir du vote, on nous dit que X% des électeurs qui avant votaient A sont allés voter B, que Y% sont allés voter C, etc... Les sondeurs auraient-ils des listes d’électeurs A, B, C, etc. d’échantillon suffisant dans lesquelles il leur suffirait de piocher ? Qu’on puisse faire un sondage sur des tranches d’âge, oui, sur des électeurs de partis ou mouvements, je n’y crois pas.
Ceci étant dit et si on revient sur les incertitudes des "photographies" qu’on n’hésite pas à corriger un peu (les calculs donnent des fourchettes et les chiffres qu’on donne au public peuvent être la fourchette basse pour les uns, la fourchette haute pour les autres plus une pichenette par ci et une pichenette par là en s’arrangeant que le total fasse bien 100, la seule chose qui sera vérifiée). Donc, à mon sens, les sondeurs savaient bien que le score de la FI ne serait pas celui de la présidentielle et ils connaissaient le score du Front de Gauche de 2014 et celui du PCF en 2017 (2,72%), ils avaient de quoi bricoler. Il leur suffisait de gonfler les "projections" de la FI et de minorer celles des verts pour créer l’idée "d’effondrement" pour la FI et celle de vague pour les verts (rappelons qu’en 2009 les verts avaient faits plus de 16%, rassemblant un peu plus de 2800000 voix, il y avait alors 17200000 suffrages exprimés ; il aurait fallu aux verts 1 million de voix de plus pour retrouver le score de 2009, on est donc loin de la vague). Sommes-nous tombés dans le panneau ?
Je pense qu’une analyse doit tenir compte des éléments comparables. Le contexte d’une élection européenne n’est pas celui d’une présidentielle dans la tête des électeurs.
Naturellement, on se pose la question de savoir où sont passés les 7 millions qui ont voté pour JLM en 2017. Je n’ai pas la réponse, mais si on croit que les 7 millions on voté pour l’avenir en commun, on se trompe. Beaucoup de ceux qui ont voté JLM ont voté pour ce programme. Sans doute une majorité. Mais cette majorité qui voulait ce programme était-elle d’accord avec la stratégie de conquête du pouvoir qui allait avec ? Je ne crois pas. Nous avons fait environ 2500000 voix au premier tour des législatives de 2017. Clairement, 3500000 des 7 millions de la présidentielle n’étaient pas d’accord pour envoyer une majorité FI pour que JLM premier ministre mette en œuvre un article de la constitution soumettant à référendum la convocation d’une constituante. C’est bien une chose qui avait été avancée dans la campagne d’alors, je crois qu’une majorité des gens qui nous soutiennent ne sont pas prêts à ça.
Bon, il y aurait encore beaucoup de choses à dire, notamment sur la signification du mouvement des Gilets Jaunes qui n’est peut-être pas fini.
Je pense que la réunion du 11 juin sera l’occasion d’essayer d’y voir plus clair.
Amitiés insoumises.

 
A propos du Blog du Grand-Bas-Armagnac Insoumis
Si nous avons créé ce blog, c’est pour participer à démontrer que, contrairement à ce qu’on nous serine du matin au soir, il existe une alternative à la jungle libérale qui, par usurpation du langage, nous est présentée comme étant la modernité. Ce blog est une auberge espagnole où quiconque, simple citoyen, militant politique, syndical ou associatif peut (...)
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